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Calendrier de relances août : modèle 4 semaines anti-impayés vacances

- Mis à jour le 24 juin 2026
Modèle de séquence de relances impayés sur 4 semaines pour gérer les retards de paiement pendant les congés d'août : rappel J+10, relance J+25, appel J+40, mise en demeure J+55.
Calendrier de relances impayés août — modèle 4 semaines | Kwixéo

SOMMAIRE

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Août est le mois noir de la trésorerie en France. Les clients partent, les comptables ferment, les valideurs disparaissent et les virements glissent de quatre, cinq, parfois huit semaines. Une facture émise le 25 juillet à 30 jours peut très bien n’être réglée que mi-septembre si personne ne la relance. Voici un calendrier de relances structuré sur quatre semaines, conçu pour tenir compte des congés et préserver la relation commerciale.

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Pourquoi le mois d’août casse les délais de paiement

Le délai moyen de paiement interentreprises en France oscille autour de 11 jours de retard au-delà de l’échéance contractuelle, selon les rapports de l’Observatoire des délais de paiement. En août, ce chiffre grimpe systématiquement : services comptables fermés deux à trois semaines, signataires en vacances, banques fonctionnant en effectif réduit, contrôles internes ralentis. Si vous laissez courir, vous récupérez votre argent en septembre voire octobre.

Trois écueils typiques :

  • L’effet « rentrée » : tous les fournisseurs relancent en même temps début septembre. Votre facture se noie dans la pile.
  • Le silence radio : pas d’interlocuteur joignable, donc aucune information sur le statut du règlement (bon à payer signé ? rejeté ? perdu ?).
  • La preuve de la mise en demeure : sans relance documentée, vous perdez l’élément utile pour activer les pénalités de retard prévues à l’article L441-10 du Code de commerce. Note : ces pénalités courent en réalité de plein droit, à compter du jour suivant la date d’échéance, sans formalité préalable.

Le modèle de séquence en 4 semaines

L’idée centrale : caler la séquence avant que le client ne parte, puis la reprendre dès son retour. Cela suppose de connaître ses dates de congés (un simple appel courant juillet suffit).

Étape 1 — J+10 avant le départ : rappel amical

Dix jours après l’émission de la facture, envoyez un email court et factuel : « Bonjour, nous vous adressons un simple rappel pour la facture n°2026-0457 du 15 juillet, échéance 14 août. Pouvez-vous nous confirmer la date prévue de règlement avant votre départ en congés ? »

L’objectif n’est pas de réclamer mais d’identifier le statut interne : la facture est-elle entrée dans le circuit de paiement ? Sera-t-elle réglée avant la fermeture ? Beaucoup de PME programment leurs virements avant les vacances ; un rappel à temps permet d’entrer dans la dernière fournée.

Étape 2 — J+25 : relance ferme avant la pause

Si l’échéance approche sans règlement, envoyez une relance écrite plus formelle (email + copie courrier si montant > 5 000 €). Rappelez : numéro de facture, montant TTC, date d’échéance, RIB, conditions de paiement contractuelles.

Formulation type : « Sauf erreur de notre part, le règlement de la facture n°2026-0457 d’un montant de 4 320 € TTC, échue le 14 août, ne nous est pas parvenu. Nous vous remercions de procéder au virement dans les meilleurs délais ou de nous indiquer la date prévue. Conformément à nos CGV, tout retard expose à des pénalités au taux de la BCE + 10 points et à l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €. »

Étape 3 — J+40 reprise post-congés : appel téléphonique

Mi-septembre, le client est rentré. La relance écrite ne suffit plus : décrochez le téléphone. C’est l’étape la plus rentable et la plus négligée. Préparez l’appel : numéro de facture sous les yeux, historique des relances, interlocuteur identifié (comptable, dirigeant, acheteur).

Trois questions à poser :

  1. La facture a-t-elle bien été reçue ?
  2. Est-elle validée et en attente de paiement, ou bloquée pour un motif (litige, BAP manquant, doublon) ?
  3. Quelle date d’émission de virement pouvez-vous me confirmer ?

Notez les engagements pris dans votre logiciel. En cas de promesse non tenue, vous repartez sur du concret.

Étape 4 — J+55 : mise en demeure formelle

Si rien n’a bougé, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. C’est elle qui fait courir les intérêts moratoires de manière incontestable et constitue la preuve nécessaire à toute procédure ultérieure (injonction de payer, procédure simplifiée de recouvrement pour les créances < 5 000 €).

Mentions à inclure :
– Le mot « mise en demeure » en objet et dans le corps
– Référence de la facture impayée et de ses caractéristiques
– Délai accordé pour régulariser (8 à 15 jours)
– Rappel des intérêts de retard calculés et de l’indemnité forfaitaire de 40 €
– Mention des suites judiciaires envisagées

Cette lettre n’est pas un acte de guerre : elle protège vos droits. Beaucoup de clients règlent dans les 48 heures suivant sa réception.

Tonalité : ferme mais cordiale, surtout en été

L’été appelle un registre particulier. Trop sec, vous froissez un client important ; trop mou, vous passez sous le radar. Quelques règles :

  • Personnalisez : « Bonjour Madame Lefèvre » plutôt que « Cher client ».
  • Reconnaissez le contexte : « Nous comprenons que cette période estivale peut ralentir les circuits internes. »
  • Restez factuel : un numéro de facture, un montant, une date. Pas de jugement.
  • Proposez une solution : étalement, paiement partiel, virement immédiat sur un compte différent si plus rapide.
  • Concluez positivement : « Restant à votre disposition pour toute information complémentaire. »

Évitez : majuscules, points d’exclamation, formules comminatoires (« Sans nouvelles de votre part… ») dès la première relance. Gardez ces armes pour la mise en demeure.

Automatiser pour ne pas oublier en pleine canicule

Tenir un calendrier manuel quand vous-même êtes en vacances est irréaliste. L’automatisation devient indispensable.

Modèles d’emails préprogrammés : J+10, J+25, J+40, J+55 partent automatiquement sauf intervention manuelle. Vous gardez la main pour suspendre ou personnaliser, mais le défaut, c’est l’envoi.

Open banking et rapprochement automatique : connectez votre compte bancaire à votre logiciel de gestion. Dès qu’un virement arrive, la facture passe en « réglée » et sort de la séquence. Pas de relance envoyée par erreur à un client qui vient de payer — l’erreur la plus humiliante.

Tableau de bord trésorerie : visualisez en une vue les créances par âge (0-30 j, 31-60 j, 61-90 j, > 90 j). Concentrez vos efforts sur les plus anciennes et les plus grosses.

Alertes sur seuils : configurez une alerte si l’encours client dépasse un montant ou si un client cumule plus de deux factures en retard. Vous bloquez ainsi l’expédition d’une nouvelle commande tant que la précédente n’est pas réglée.

Sécuriser juridiquement la séquence

Au-delà du calendrier, quelques précautions juridiques protègent vos droits.

Vérifiez vos CGV : elles doivent mentionner le délai de paiement (à défaut, 30 jours après réception de la facture par l’article L441-10 du Code de commerce), le taux des pénalités de retard (au moins trois fois le taux d’intérêt légal, ou taux BCE + 10 points pour les ventes entre professionnels) et l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € (décret n° 2012-1115).

Conservez la trace de chaque relance : datez, horodatez, archivez les emails envoyés et les comptes-rendus d’appel. En cas de procédure, c’est cette traçabilité qui établit votre bonne foi et le caractère manifeste du défaut de paiement.

Mention obligatoire sur facture : « En cas de retard de paiement, application de pénalités de retard au taux de la BCE + 10 points et d’une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €. » Cette mention est elle aussi imposée par le Code de commerce.

Mesurer pour améliorer

Trois indicateurs à suivre chaque mois :

  • DSO (Days Sales Outstanding) : nombre de jours moyen entre émission et encaissement. Objectif : sous 45 jours pour la majorité des TPE-PME B2B.
  • Taux de factures payées à échéance : pourcentage de factures réglées dans le délai contractuel. Objectif : > 70 %.
  • Coût de portage : montant des créances en retard multiplié par votre taux de découvert ou de financement court terme. C’est ce que vous coûte l’attente.
  • Taux de récupération à 90 jours : pourcentage des créances en retard finalement encaissées dans les 90 jours. En dessous de 90 %, votre processus de relance a un problème — formation, automatisation ou couverture juridique.

Un DSO qui grimpe en septembre malgré la séquence ? Renforcez l’étape J+40 (téléphone) et passez la mise en demeure à J+45 au lieu de J+55. Inversement, si la mise en demeure n’est jamais nécessaire (toutes les relances aboutissent avant), vous pouvez assouplir les premières étapes pour préserver la relation commerciale.

Cas particulier : le client en difficulté

Tous les retards de paiement ne se valent pas. Distinguez deux profils :

  • Le retard organisationnel : client solvable, débordé, dont la chaîne interne dysfonctionne. La séquence ci-dessus suffit. Vous serez payé, c’est une question de jours.
  • Le retard de trésorerie : client en difficulté réelle, qui priorise ses fournisseurs. Ici, la rapidité prime. Téléphonez plus tôt (dès J+15), proposez un échéancier formel signé, conservez la relation. Mieux vaut être payé en trois fois qu’attendre un dossier de procédure collective.

Un signal d’alerte typique : un client habituellement ponctuel qui glisse soudainement. Renseignez-vous (Infogreffe pour vérifier l’absence de procédure en cours, presse économique locale) avant d’attendre passivement.

Conclusion

Le calendrier de relances d’août n’est pas une lubie : c’est un dispositif anti-trou d’air. En anticipant les congés (J+10 avant départ), en maintenant la pression à distance (J+25), en reprenant fortement à la rentrée (J+40 téléphone, J+55 mise en demeure), vous limitez la dérive à deux ou trois semaines au lieu de huit. Automatisez la séquence pour qu’elle tourne pendant vos propres vacances, branchez le rapprochement bancaire pour éviter les relances inopportunes, et mesurez votre DSO. La trésorerie de septembre se prépare en juillet.

Pour aller plus loin

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