sous-traitantdécompte mensuel Administratives Générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux) constitue, avec les cinq autres CCAG, le socle contractuel des marchés publics français. Sa version en vigueur résulte de l’arrêté du 30 mars 2021 publié au JORF du 1er avril 2021, en application du Code de la commande publique. Pour les TPE-PME du bâtiment, comprendre ses mécanismes est crucial : il fixe les délais de paiement, les avances, les garanties, les pénalités. Ignorer une clause-clé peut coûter plusieurs points de marge sur un chantier. Voici l’essentiel à connaître en 2026.
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Le CCAG-Travaux : à quoi sert-il et quand s’applique-t-il
Le CCAG-Travaux est un document type qui fixe les clauses contractuelles administratives applicables aux marchés publics de travaux. Il ne s’impose pas automatiquement : il s’applique lorsque le marché y fait expressément référence. La quasi-totalité des marchés publics de travaux y font référence, soit dans leur version 2021, soit dans une version antérieure (2009) pour les marchés notifiés avant le 1er avril 2021.
Il est complété par :
– Le CCTG (Cahier des Clauses Techniques Générales) pour les aspects techniques.
– Le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) propre à chaque marché, qui peut déroger au CCAG.
– Le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières).
Règle d’or : le CCAP prime sur le CCAG. Lisez systématiquement le CCAP pour repérer les dérogations.
Les apports majeurs de la version 2021
L’arrêté du 30 mars 2021 a introduit plusieurs nouveautés :
- Clauses environnementales et sociales désormais obligatoires : prise en compte de la performance environnementale du chantier, gestion des déchets, insertion sociale.
- Clauses de réexamen : possibilité de réviser le marché en cas de circonstances imprévisibles (pandémie, hausse des matières premières).
- Médiation systématique : avant tout contentieux, recours à un médiateur (article 50 CCAG-Travaux 2021).
- Renforcement des délais et formalisation des décomptes.
- Dématérialisation accrue : transmission des décomptes mensuels, OS, factures par voie électronique.
Délais de paiement : les chiffres à retenir
L’un des sujets les plus critiques pour les TPE-PME : les délais de paiement en marché public sont encadrés par le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 (modifié), aujourd’hui codifié aux articles R2192-10 et suivants du Code de la commande publique.
| Acheteur | Délai global de paiement | Base légale |
|---|---|---|
| État, ses établissements publics | 30 jours | R2192-10 CCP |
| Collectivités territoriales | 30 jours | R2192-10 CCP |
| Établissements publics de santé (EPS) | 50 jours | R2192-10 CCP |
| Entreprises publiques (EPIC) | 60 jours | R2192-10 CCP |
Le délai court à compter de la date de réception de la facture par l’acheteur. Au-delà du délai légal, des intérêts moratoires et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € sont dus de plein droit (articles R2192-31 et suivants du Code de la commande publique).
Le taux des intérêts moratoires est égal au taux de la BCE applicable à son opération de refinancement principale la plus récente majoré de 8 points (article R2192-31 du CCP).
L’avance forfaitaire : un droit pour les PME
L’article 6 du CCAG-Travaux 2021, combiné aux articles R2191-3 et suivants du Code de la commande publique, prévoit le versement d’une avance forfaitaire à l’entreprise titulaire d’un marché public.
Montant :
– 5 % du montant du marché par défaut, dès lors que le marché dépasse 50 000 € HT et que sa durée d’exécution dépasse 2 mois.
– 20 % au minimum pour les PME titulaires d’un marché de l’État dont la durée d’exécution est supérieure à 2 mois (article R2191-7 du Code de la commande publique).
– Jusqu’à 30 % sur décision du pouvoir adjudicateur.
Conditions : l’avance est versée dans les 30 jours suivant l’ordre de service ou la date d’effet du marché. Elle est remboursée par retenues sur les acomptes suivants, généralement à partir de 65 % d’exécution.
Pour une PME, demander activement l’avance améliore sensiblement la trésorerie de chantier : sur un marché de 200 000 € HT, c’est 10 000 € à 20 000 € disponibles dès le démarrage.
Garantie de parfait achèvement et retenue de garantie
Garantie de parfait achèvement (GPA)
Issue de l’article 1792-6 du Code civil, la GPA couvre un an à compter de la réception des travaux. Pendant cette année, l’entrepreneur doit reprendre tous les désordres signalés à la réception ou apparus dans l’année.
Retenue de garantie
Le CCAG-Travaux 2021 (article 12.3) confirme la règle de la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 :
– Retenue de garantie plafonnée à 5 % du montant du marché.
– Substituable à la demande de l’entrepreneur par une caution personnelle et solidaire délivrée par un établissement agréé, ou par une garantie à première demande.
– Libérée à l’expiration du délai de GPA (1 an), sur demande.
Pour les TPE-PME : préférer systématiquement la substitution par caution bancaire, qui évite l’immobilisation de cash pendant 12 mois. Coût : 0,4 à 0,8 % par an, négociable.
Le décompte mensuel et le décompte général définitif
Le mécanisme contractuel est strict (articles 13 et 13.4 CCAG-Travaux 2021) :
Décompte mensuel
Chaque mois, l’entrepreneur transmet un projet de décompte des travaux exécutés. Le maître d’œuvre dispose de 7 jours pour le viser et le transmettre au maître d’ouvrage. Celui-ci dispose ensuite des délais légaux pour payer l’acompte.
Décompte général
À la fin du chantier, l’entrepreneur transmet le décompte final dans les 30 jours suivant la réception. Le maître d’œuvre établit le décompte général dans les 30 jours suivants. L’entrepreneur a alors 30 jours pour le retourner signé, avec d’éventuelles réserves.
Attention : un décompte général signé sans réserve est définitif et solde la totalité des comptes. Toute prétention nouvelle est ensuite irrecevable. C’est l’un des pièges les plus coûteux pour les TPE-PME qui signent sans relire.
Pénalités de retard : les bons réflexes
Les pénalités de retard sont prévues à l’article 19 du CCAG-Travaux 2021. Leur taux et leur plafonnement sont fixés par le CCAP, mais à défaut, le CCAG applique une formule par défaut :
P = (V × R) / 3000
où V = valeur du marché, R = nombre de jours de retard.
Le plafond habituel est de 10 % du montant du marché. Soyez vigilant : certains CCAP appliquent des taux beaucoup plus élevés et sans plafonnement. Lisez la clause avant de signer.
Sous-traitance : règles spécifiques
La loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 s’applique pleinement en marché public. Elle impose :
- Déclaration et agrément du sous-traitant par le maître d’ouvrage avant intervention.
- Acceptation du sous-traitant et agrément de ses conditions de paiement.
- Paiement direct du sous-traitant par le maître d’ouvrage, pour les marchés publics, dès lors que le montant sous-traité dépasse 600 € TTC.
Pour une TPE-PME qui sous-traite, le paiement direct est une protection : le maître d’ouvrage paie le sous-traitant directement, déduisant la somme de ce qu’il doit à l’entrepreneur principal.
Comparaison avec les marchés privés (norme NF P 03-001)
En marché privé, la référence est la norme NF P 03-001 (édition 2017) « Marchés privés – Cahiers types – CCAG applicable aux travaux de bâtiment faisant l’objet de marchés privés ». Cette norme est de portée contractuelle : elle ne s’applique que si le marché y fait référence (ce qui est très fréquent).
Principales différences avec le CCAG-Travaux public :
- Délais de paiement : 30 jours par défaut (article L441-10 du Code de commerce), pouvant aller jusqu’à 60 jours.
- Retenue de garantie : également 5 %, mais sa libération nécessite souvent un acte du maître d’œuvre.
- Pénalités de retard : librement négociées au contrat.
- Avance : non obligatoire, à négocier.
Pour une TPE-PME qui travaille à la fois en public et en privé, deux jeux de documents contractuels sont nécessaires : marchés publics référencés CCAG-Travaux 2021, marchés privés référencés NF P 03-001.
Conseils pratiques pour les TPE-PME du BTP
- Annoter le CCAP dès la réponse à appel d’offres : repérer les dérogations au CCAG-Travaux, notamment sur les délais et les pénalités.
- Demander systématiquement l’avance forfaitaire à laquelle vous avez droit.
- Substituer la retenue de garantie par une caution bancaire pour préserver la trésorerie.
- Tracer chaque décompte : conserver projet, visa du maître d’œuvre, mandat de paiement, justificatif d’encaissement.
- Ne jamais signer un décompte général sans relecture juridique s’il dépasse 100 000 €.
- Anticiper les intérêts moratoires : un acheteur public qui paie en retard les doit automatiquement, sans formalité.
Conclusion
Le CCAG-Travaux 2021 est un cadre protecteur pour les TPE-PME, à condition de le connaître. Délais de paiement encadrés, avance forfaitaire, possibilité de substituer la retenue par caution, paiement direct des sous-traitants : autant de mécanismes qui sécurisent la trésorerie et la marge des chantiers publics. Investir 2 heures dans la lecture du CCAG-Travaux et du CCAP de chaque marché peut vous épargner des semaines de trésorerie tendue et des dizaines de milliers d’euros de pénalités évitables.
Pour aller plus loin
- Logiciel de gestion de chantier Kwixéo
- Dossier : comment faire une facture conforme
- La digitalisation de la gestion de chantier dans le BTP
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