Pour faire un devis, précisez la demande du client, détaillez les prestations et les prix, calculez le total, fixez les conditions puis recueillez son accord. Le client doit comprendre ce qui est compris, ce qu’il devra payer et quand l’intervention ou la livraison aura lieu.
Voici une méthode en six étapes, avec un exemple de chiffrage et une checklist avant envoi. Elle s’adapte à votre activité ; les règles particulières de votre métier et du contrat restent à vérifier.
Avant de rédiger : le devis est-il obligatoire dans votre cas ?
Le devis n’est pas obligatoire pour toutes les ventes, mais certaines activités l’imposent. Les travaux et dépannages du bâtiment et de l’équipement de la maison listés par la réglementation en font partie : l’ancien seuil de 150 € ne s’applique plus à ces interventions. Les services à la personne ont notamment une règle propre au prix mensuel. Consultez les activités et conditions présentées par Service Public.
Même lorsqu’il est facultatif, un devis aide à formaliser une demande précise et à comparer les offres. Distinguez cette utilité commerciale des obligations propres à votre situation. La fiche de la DGCCRF sur le devis explique aussi quand son établissement doit être gratuit et quand il peut être facturé, après information du client.
1. Identifiez le client et délimitez la prestation
Commencez par relever les coordonnées du client, le lieu de livraison ou d’intervention et le nom de votre interlocuteur. Pour une entreprise, vérifiez quelle entité passe réellement commande : la personne qui demande le devis n’est pas toujours celle à facturer.
Résumez ensuite le résultat attendu. Définissez les quantités, les contraintes, les documents à fournir et ce qui reste à la charge du client. Une demande comme « refaire la présentation commerciale » devient plus facile à chiffrer si vous précisez le nombre de pages, les contenus fournis et le nombre de retours inclus.
Pour recueillir ces éléments en amont, vous pouvez proposer un formulaire de demande de devis sur votre site : coordonnées, nature du besoin et contraintes du projet sont alors rassemblées avant le chiffrage.
Dans l’en-tête, prévoyez l’intitulé « Devis », la date et vos informations professionnelles adaptées à votre statut. La dénomination, l’adresse, l’identification de l’entreprise et les mentions propres à sa forme juridique doivent être vérifiées. Le ministère de l’Économie présente les informations à faire figurer sur un devis. Ajoutez une référence facile à retrouver, par exemple D-2026-001, et identifiez les versions successives.
2. Décrivez chaque ligne et choisissez une unité de prix
Créez une ligne par prestation ou produit identifiable. Indiquez la désignation, la quantité, l’unité et le prix unitaire. Les unités doivent correspondre au travail proposé : heure, journée, pièce, mètre carré ou forfait, par exemple.
Pour un forfait, décrivez ce qu’il inclut. Si vous présentez aussi une estimation de temps, précisez qu’elle explique le forfait et ne constitue pas une ligne à payer en plus. Pour une facturation au temps passé, indiquez les modalités retenues pour suivre le temps et faire approuver un éventuel dépassement.
Détaillez les frais annexes et les remises. Séparez clairement les options non retenues du total de la proposition de base. Vous évitez ainsi qu’une option soit comprise comme incluse ou qu’un déplacement apparaisse seulement sur la facture.
3. Calculez les montants et contrôlez la TVA
Pour chaque ligne, multipliez la quantité par le prix unitaire. Appliquez les remises prévues, puis calculez la TVA avec le taux correspondant à l’opération. Additionnez les bases, les taxes et le total à payer ; avec plusieurs taux, contrôlez chaque groupe séparément.
Le statut de micro-entrepreneur ne suffit pas, à lui seul, à déterminer le traitement de TVA. Si vous bénéficiez de la franchise en base pour l’opération, ne calculez pas de TVA comme dans l’exemple ci-dessous. Précisez votre régime et vérifiez les indications de la DGFiP sur la franchise et la facturation, notamment pour les mentions de vos documents.
Exemple de chiffrage d’un devis de prestation
Exemple fictif : une mission d’accompagnement pour un client professionnel en France, avec une TVA supposée de 20 % sur toutes les lignes. Il s’agit d’un extrait pédagogique à adapter, pas d’un modèle complet ni d’un tarif Kwixéo.
| Prestation | Quantité | Prix unitaire HT | Total HT |
|---|---|---|---|
| Analyse de l’organisation commerciale | 4 heures | 75 € / heure | 300 € |
| Préparation d’un plan d’action, un retour inclus | 1 forfait | 450 € / forfait | 450 € |
| Réunion de restitution | 2 heures | 75 € / heure | 150 € |
Total HT : 900 € · TVA à 20 % : 180 € · Total TTC : 1 080 €.
L’exemple distingue les heures et le forfait : les 450 € de préparation ne sont comptés qu’une fois. Avant de l’envoyer, complétez l’en-tête, le périmètre, les conditions et les mentions propres à votre entreprise et à l’opération.
4. Fixez la validité, les délais et le paiement
Indiquez jusqu’à quelle date votre proposition est valable, puis les dates ou délais de réalisation. Ce sont deux informations différentes. Décrivez aussi les éventuelles conditions de démarrage : réception des éléments du client, disponibilité des produits ou versement prévu au contrat.
Précisez les modalités de paiement et la nature de toute avance. Pour un consommateur, les arrhes et l’acompte n’ont pas les mêmes effets en cas de désistement ; la DGCCRF explique cette distinction. Évitez une formulation vague comme « avance de 30 % » sans qualification.
Conditions illustratives pour notre mission B2B : devis établi le 7 septembre 2026, valable jusqu’au 7 octobre 2026 ; réalisation du 12 au 16 octobre 2026 ; acompte de 30 % à l’acceptation, soit 324 € TTC ; solde de 756 € TTC à réception de la facture après réalisation. Ces dates et conditions sont un exemple à convenir avec le client.
Un devis accepté à distance ou hors établissement peut relever de règles particulières d’information et de rétractation. Vérifiez les délais et exceptions selon le contrat avant de fixer le démarrage ou de demander un paiement. Une signature ne supprime pas automatiquement les droits applicables au client.
5. Relisez le document, envoyez-le et recueillez l’accord
Contrôlez la version finale telle que le client la recevra, y compris les pages suivantes et les annexes. Cette checklist aide à repérer les oublis de préparation ; elle complète la vérification des obligations de votre métier.
- Le client, l’adresse d’intervention et les coordonnées de votre entreprise sont-ils corrects ?
- Le périmètre, les exclusions et les options sont-ils compréhensibles sans explication orale ?
- Les quantités, les remises, la TVA, le total et l’acompte concordent-ils ?
- La validité de l’offre, le calendrier et les conditions de règlement sont-ils explicites ?
- Les conditions et annexes annoncées sont-elles effectivement jointes et lisibles ?
Envoyez un document identifié, puis enregistrez la date et la version transmise. Demandez un accord traçable, notamment par signature du devis. L’article 1113 du Code civil prévoit que l’acceptation peut aussi résulter d’une déclaration ou d’un comportement non équivoque : conservez les échanges, sans considérer automatiquement le silence comme un accord.
Si le client demande un changement, présentez une nouvelle version clairement identifiée. Après acceptation, consignez les modifications convenues, par exemple dans un avenant accepté : le principe du consentement mutuel s’applique à la modification du contrat. Gardez le document initial dans l’historique.
6. Suivez le devis accepté jusqu’à la facture
Classez les devis selon leur état : à envoyer, en attente, acceptés, refusés ou expirés. Pour une proposition en attente, prévoyez une relance adaptée à l’échéance convenue. Pour un devis accepté, transmettez à l’équipe les prestations et les conditions effectivement retenues.
Préparez ensuite les factures nécessaires en tenant compte des acomptes et des modifications acceptées. Le devis reste la trace de la proposition ; la facture a ses propres références. Notre article sur la différence entre devis et facture détaille ce passage avec un exemple d’acompte et de solde.
Un traitement de texte ou un tableur peut convenir si vous maîtrisez les calculs et le suivi. Un outil dédié peut faciliter la reprise des coordonnées, des prestations et des documents. Pour comparer les fonctions utiles, consultez nos critères de choix d’un logiciel de devis. Quel que soit l’outil, relisez le devis avant de l’envoyer.
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